vendredi 30 juin 2017

Z comme Zéro pointé...

... si j’oublie les remerciements !

Comme mon mémoire de maîtrise, le challengeAZ ne peut se terminer sans un merci à toutes les personnes qui y ont contribué. A l’époque, ça faisait "bien" de remercier son professeur et ses collègues de fac !


Des remerciements auxquels il faut ajouter, 12 ans plus tard, d’autres personnes qui ont aidé à la réalisation de ma généalogie, et à ma participation cette année au challengeAZ.

A commencer par les historiens locaux de la région de Dieulefit, le docteur Jean Sambuc qui, à la fin du XXe siècle, m’avait ouvert sa maison, ses relevés et sa mémoire. Et Louis Soubeyran auteur dans les années 1930 d’un livre sur les familles du secteur.

Mais il faut aussi penser à tous les cousins, les généanautes qui ont apporté leur concours à mes recherches. Et la liste est longue... Janine Jurado-Cordeil, Anne-Marie Giraud-de Souza, Julien Sciolla, Louis Jullian, Jocelyne Desgranges...

Et bien sûr les proches parents, ma grand-mère et sa cousine qui m’ont fait attraper le virus de la généalogie !

Sans oublier les secrétaires des petites mairies drômoises qui m’ont ouvert les placards des registres de l’Etat civil. Comme certaines mairies n’ouvrent qu’une demi-journée par semaine, il arrivait régulièrement qu’on se retrouve d’un jour sur l’autre dans un autre village !

Et aussi un mot pour les associations de généalogie en Drôme, le Cercle Généalogique de la Drôme Provençale (CGDP) et Etudes Généalogiques Drôme Association (EGDA) qui m’ont permis d’avancer dans mes recherches.


Enfin bravo à Sophie Boudarel qui nous rassemble chaque mois de juin pour le challengeAZ !

jeudi 29 juin 2017

Y comme Youpi !

Youpi c’est le cri de joie que l’on peut dire quand on fait une découverte sensationnelle en généalogie. Et ça m’arrange car ça commence par un Y !

C’était le cas quand j’ai réussi à raccrocher les branches Cavet entre les trois frères de Bourdeaux, Jacques, Jean et Charles, grâce aux archives notariales et au contrat de mariage de ce dernier.

Mais le "Youpi" arrive aussi quand on repasse sur des registres qu’on avait laissé tomber car on ne trouvait pas le devenir d’un enfant dont on ne trouvait pas la date de décès. Exemple avec Pierre Salabelle, descendant des Cavet par une arrière-grand-mère, Marie Martine Buffardel, elle-même petite fille de Louise Cavet.
J’avais trouvé son acte de naissance en 1842 au Poët Célard, son père était mort le mois suivant, et sa mère s’était remariée avant de partir aux Etats-Unis quelques années plus tard. Mais impossible de savoir ce qu’était devenu le petit Pierre Salabelle. Pas de registre de matricule en ligne disponible à cette époque. Pas non plus de recensement, ils avaient quitté la région avant le dénombrement. Avait-il suivi sa mère outre-Atlantique ?
Finalement, en recherchant une nouvelle fois, je suis tombé sur son acte de décès l’année suivante, toujours au Poët Célard, en 1843 donc, âgé d’un an et demi. Il m’avait échappé à plusieurs reprises. Mais Youpi quand même !

AD26. Le Poët-Célard. 1843.


Quand on arrive à raccrocher deux homonymes qui n’en sont finalement pas, c’est une sorte de petite victoire. Exemple toujours dans la descendance de Louise Cavet, avec un autre de ses arrière-petits-fils, André Courbis. C’est sa femme que je n’avais jamais réussi à identifier. L’orthographe et les changements de prénoms n’ont vraiment pas aidé !

Dans son acte de mariage, elle s’appelle Marie Magdeleine Rochas, et lui s’appelle André Courbi. C’est à Bourdeaux en 1831.

AD26. Bourdeaux. 1831.


L’autre mariage, c’est en 1850 au Poët Célard. Marguerite Rochas, veuve d’André Courby, épouse Joseph Auguste Brun.

AD26. Le Poët-Célard. 1850.


Dans son acte de naissance, elle se prénomme bien Marie Magdeleine.

AD26. Mornans. An XII.

Mais dans son acte de décès, on retrouve ce prénom Marguerite. Marguerite Rochat même !

AD26. Le Poët-Célard. 1876.



mercredi 28 juin 2017

X comme X (enfant mort-né)

X est le nom que j’ai choisi de donner aux enfants mort-nés qui figurent dans mon arbre. J’en ai compté 5 dans la famille Cavet.

Il y a eu aussi des enfants décédés en bas âge. Beaucoup, même. Mais 5 enfants n’ont pas survécu à la naissance.

Les plus récents concernent le couple Léon Cavet et Armandine Mege. L’oncle de ma grand-mère et sa femme ont eu deux enfants, deux filles, qui n’ont pas vécu.

Léon avait eu un frère jumeau qui était mort à 7 semaines. Et ses parents, Charles Cavet et Louise Pouzet, avaient eu une fille mort-née, en 1890.

AD26. Dieulefit. 1890.

5 ans auparavant, en 1885, la belle-sœur de Charles, Louise Borel, l’épouse de Frédéric Cavet, accouchait elle aussi d’une fille mort-née.


AD26. Dieulefit. 1885.

Enfin, le premier bébé mort-né que l’on trouve dans l’arbre des Cavet, est un enfant ondoyé dans sa maison et un moment après décédé du couple Jacques Aimé (l’héritier universel de Charles, le marchand drapier) et Marie Blanc, en 1761.

AD26. Bourdeaux. 1761.


Il faut noter cette fois-ci qu'il s'agit d'un garçon.

mardi 27 juin 2017

W comme War

C’est un événement peu banal que je souhaitais évoquer en cette période de centenaire de la Première Guerre Mondiale, concernant la famille Cavet. Les 9 cousins de la branche dieulefitoise sont tous partis au front, et sont tous revenus !

Mon ancêtre Jean Louis Cavet (1804-1870) avait eu trois fils, dont deux eurent une postérité.

D’abord Charles qui eut 4 fils adultes : Charles, Paul, Léon et Samuel.
Puis Frédéric qui eut 5 fils adultes : Louis, Marcel, Jean, Fernand et Henri.



4 garçons d’un côté, 5 de l’autre. Toute la famille vivait avant la guerre dans la même maison du quartier des Hubacs, à Dieulefit. Sous la houlette de la Tante Louise, dont on a déjà parlé. Et quand la mobilisation générale arriva en 1914, les 9 cousins quittèrent le foyer pour la guerre.

AD26. Fiche matricule de Charles Cavet.

AD26. Fiche matricule de Henri Cavet.

Et si 120 enfants de Dieulefit figurent sur le monument aux morts du village, les 9 cousins Cavet échappèrent tous à la mort et revinrent du conflit. 

L'un des côtés du monument aux morts de Dieulefit (source : geneanet).

lundi 26 juin 2017

V comme Vernet, ou l’implantation à Dieulefit

C’est par les mariages que les Cavet prennent leurs marques à Dieulefit.

D’abord Jacques, fils de Jacques et Diane Brachet, épouse en 1719 Anne Morin, fille de Pierre et de Judith Delloule. Puis en 1730, Charles Cavet, fils d’Aimé et d’Anne Garnier, se marie avec Isabeau Dupuy, fille de Jean et de Madeleine Jean-Laplace.


Mais c’est vraiment avec les mariages de Jean Charles, fils des précédents, avec Marianne Gras, puis avec Marguerite Vernet, que l’installation des Cavet à Dieulefit est durable.

Quelles sont les raisons qui ont pu pousser Jean Charles à s’établir à Dieulefit ? A travers mes recherches, j’ai essayé de le deviner. 

D’abord sa filiation. Jean Charles est le fils de Charles et d’Isabeau Dupuy, une fille de Dieulefit, dont la famille, originaire de Die, sont venus à Dieulefit vers le milieu du XVIIème siècle où ils sont chirurgiens. L’influence du réseau familial maternel de Jean Charles le pousse sans doute à passer du temps à Dieulefit.

Il est également possible qu’il ait eu des relations professionnelles avec des drapiers de ce village. Les contacts entre Bourdeaux et Dieulefit sont évidemment marchands, à cause du négoce des tissus.

Une autre raison possible est le procès qui opposa Jean Charles Cavet à Marc Cordeil, jeune homme de Mornans. Le procès aurait débuté suite


            au tirage pour la milice du mois mars 1751, le sort étant échu a nommé Marc Cordeil, il sollicita la jeunesse de faire une collecte en cachette et à l’insu des officiers de la compagnie ce qui ayant été exécuté, on ramasse une somme de cent soixante livres qui fut remise audit Cordeil.


Marc Cordeil remit cet argent à Jean Chirol et Jean Charles Cavet, mais, voulant le récupérer, il se heurta à un refus. Ce procès dura au moins cinq ans, puisque les premiers écrits de cette liasse commencent en juin 1752, et les derniers que nous trouvons sont du 8 mars 1757. Nul doute, cette affaire fit grand bruit à Bourdeaux, et devait ternir la réputation de la famille Cavet. On peut imaginer une forme de bannissement de la part de la famille et de la communauté, ce qui expliquerait le départ de Jean Charles pour Dieulefit. On peut aussi imaginer que les rapports entre Charles Cavet et son fils aîné ne devaient pas être au beau fixe, ce qui le poussa, très probablement, à ne pas l’instituer son héritier universel.
Ce qui est sûr, c’est que c’est à Dieulefit qu’il fait la connaissance de sa femme, Marianne Gras. Il y a deux alliances pour ce couple.
Mariage au Désert le 2 mars 1757, devant le Pasteur Rozan, le procès contre Marc Cordeil n’est même pas terminé. Dans cet acte, Jean Charles est toujours domicilié à Bourdeaux, de même que le 8 mars 1757.
Le 9 septembre 1757, dans un acte d’achat de terres, Jean Charles habite Dieulefit. Il nous est ainsi possible de dater l’installation de Jean Charles dans ce village : entre mars et septembre 1757.
Contrat de mariage le 27 janvier 1759, devant Maître Combe. Et la bénédiction à l’église de Dieulefit eut lieu un mois plus tard, le 26 février. Il s’est donc écoulé presque deux ans entre les deux mariages, le protestant et le catholique, très certainement en raison du procès dont nous avons parlé.

L’alliance avec Marianne Gras fait entrer Jean Charles de plein pied dans le village. Les parents de la mariée lui font don d’une vigne située au quartier de la Fontête, qui se trouve au Nord du village, sur la route de Bourdeaux. Les Gras sont de riches propriétaires, ils donnent également à leur fille une maison située dans la rue du bourg, composée de plusieurs pièces. Le contrat fait également mention du trousseau de Marianne évalué à la somme de trois cents cinquante livres et qui se compose ainsi que suit :


            Deux lits complets, une cave à bouillir vendanges, trois tonneaux, ensemble les coffres, garde-robe, cuivrerie, étain en vaisselle et autres meubles et effets mobiliers qui se trouvent actuellement dans ladite maison ci dessus constituée, ensemble six draps de lit, deux grandes nappes, cinq autres nappes et douze serviettes.


Marianne Gras donne la même année à Jean Charles Cavet une fille : Marianne Cavet, née le 27 septembre 1759. Mais trois mois plus tard, elle décède, le 27 décembre, âgée de vingt-sept ans. Marianne Gras avait rédigé un testament cinq jours avant devant Maître Combe dans lequel elle donnait trois livres à son père et deux cent cinquante livres à Jean Charles Cavet son bien aimé mari. Le notaire précise que la testatrice est très malade, elle n’eut pas dû se remettre de l’accouchement, comme c’était souvent le cas sous l’Ancien Régime.
Jean Charles se remarie à Dieulefit le 31 août 1761 devant le Pasteur Rozan avec Marguerite Vernet, issue d’une grande famille de foulonniers protestants, influente dans la communauté dieulefitoise. La grand-mère maternelle de Marguerite était, par ailleurs, Françoise Noyer, une petite-fille de David Noyer, le châtelain de Comps et Orcinas dont on a déjà parlé. Le contrat de mariage est signé le 7 juin 1761, devant Maître Combe, et là aussi le père de l’épouse dote sa fille en biens fonciers. Il lui lègue en premier lieu une pièce en terre labourable au quartier de Massebœuf, quartier tout proche de la Fontête, au Nord du village, ainsi qu’une pièce de terre et hermes au quartier des Hubacs, situés à l’Ouest de Dieulefit, sur le chemin allant au Poët Laval.

C’est dans ce quartier que Jean Charles s’était installé. Et c’est logiquement en voisin qu’il a déniché sa deuxième épouse.


Le 9 septembre 1757 correspond à deux événements majeurs : c’est à cette date que Jean Charles est dit pour la première fois habitant à Dieulefit, et c’est également à ce moment qu’il achète une terre aux Hubacs. Louis Arnaud, drapier de Dieulefit, lui vend effectivement une pièce de terre en hermes et vieilles vignes d’une contenance de deux sétérées et demie (1 sétérée = 25 ares environ). Des terres agrandies le 6 février 1765, quand Jean Charles achète à Mathieu Raspail, dit Fatier, ménager, trois sétérées et demie en terre, vigne et verger de châtaigniers aux Hubacs.

Il se trouve en 1765 à la tête de trente quartallées aux Hubacs, soit 187,5 ares, et six quartallées, soit 37,5 ares à Massebœuf. Au total, Jean Charles possède trente-six quartallées ou deux cent vingt-cinq ares à Dieulefit, auquel il convient de rajouter la maison rue du bourg et la vigne à Fontête issue du contrat de mariage avec Marianne Gras.

Je n’ai pas encore réussi à savoir ce que sont devenues les terres de Massebœuf et de Fontête. Par contre, les terres des Hubacs sont encore la propriété des descendants de Jean Louis Cavet (1766-1831), le fils de Jean Charles et Marguerite Vernet.

samedi 24 juin 2017

U comme Urbain Debien, le catholique

On a parlé des origines protestantes des Cavet, mais au fil des années, la famille se tourne vers la religion catholique, certains par la contrainte.

Tout commence avec un petit-fils de Paul Cavet, le patriarche. Charles Cavet, le mari de Louise Noyer, dont on a déjà parlé. Il se retrouve veuf assez rapidement, en 1696, mais n’attend pas très longtemps pour se remarier. Il épouse l’année suivante la fille d’un cardeur de Crest, Marie Virginie Laudibert. Et on peut deviner que Charles s’est alors converti au catholicisme, puisqu’à son décès, le 17 octobre 1737, le curé indique que Marie Virginie Laudibert a été inhumée dans notre cimetière.

Jacques et Jean Cavet, les deux frères de Charles, sont tous les deux enterrés à la campagne selon la coutume des hérétiques, respectivement en 1737 et en 1739. Mais leur frère, s’il a été inhumé hors du sein de l'Eglise, est appelé nouveau converti par le curé lors de la rédaction de son acte de sépulture du 6 avril 1743, à Aouste sur Sye.

Les filles de Charles et Marie Virginie sont catholiques aussi, et leurs descendants avec. Il y a d’abord Suzanne (1713-1777) qui épouse Joseph Laurent Garcin (1699-1759), un voiturier de Saint-Nazaire-le-Désert, dont la descendance compte plusieurs prêtres.

Et il y a aussi Antoinette Cavet (1716-1777), qui se marie avec le tailleur d’habits d’Aouste sur Sye, Urbain Debien. Le prêtre du village assiste au contrat de mariage du couple en 1740, une présence significative de la religion des parties. Urbain Debien mourut le 23 janvier 1767, sa femme est encore en vie à ce moment. Elle décède dix ans plus tard, le 7 janvier 1777. Le curé mentionne d’ailleurs que son corps a été inhumé dans le cimetière de cette paroisse.

AD26. Aouste sur Sye. Acte de sépulture d'Antoinette Cavet, veuve Debien, 1777.


Et outre la religion de cette branche, qui diffère du tronc des Cavet, c’est l’éparpillement de ses membres qui m’a intéressé. Deux fils parviennent à l’âge adulte, sur les 8 enfants du couple. L’aîné Jean Joseph (1741-1819) reprend l’activité paternelle dans le village, il est tailleur d’habits à Aouste sur Sye. Mais son frère cadet, Jean François (1743-1795) quitte le secteur et on le retrouve tailleur de pierre aux confins de la Touraine et de l’Orléanais, à Saint-Arnoult, près de Lavardin. 


vendredi 23 juin 2017

T comme Tante Louise

L'en 1842 et le 11 du mois de février, à 9h du matin, par devant nous Jacques Claude François Combe, adjoint remplissant pour délégation de Monsieur le maire les fonctions d'officier de l'État civil de la commune de Dieulefit, canton de Dieulefit, département de la Drôme ; est comparu en la mairie le sieur Jean–Louis Cavet, âgé de 37 ans, propriétaire cultivateur, demeurant à Dieulefit. Lequel nous a présenté un enfant du sexe féminin, qu'il a déclaré être né le neuf de ce mois de février à 8h du soir, de lui déclarant, en sa maison d'habitation sise quartier des Hubacs et de son épouse Marie Magdeleine Reynier, âgée de 32 ans, et auquel il donne les prénoms de Marie-Louise. Lesdites présentation et déclaration faites en présence des sur Jean–Pierre Jean, âgé de 23 ans, maçon, et Simon Borel, âgé de 25 ans, cultivateur, demeurant à Dieulefit ; et après qu'il a été fait lecture au déclarant et aux témoins du présent acte de naissance, ils l'ont tous signé avec nous.

Voici la transcription de l'acte de naissance de celle qui allait devenir un personnage dans la famille Cavet, la tante Louise.



La cousine de ma grand-mère, Marcelle Buis, la petite-nièce de Louise Cavet, m’avait transmis un petit mot la concernant.

Quand ma grand-tante – la tante Louise – avait un moment, elle s'asseyait sur les marches de son escalier aux Hubacs, au soleil, elle lisait quelques passages de sa bible. Il est possible qu'elle ne possédait que ce livre. C'était son réconfort car elle était très pieuse. Elle ne manquait jamais l'office du dimanche à l'église méthodiste (bâtiment en face Bel le cordonnier actuellement). Le dimanche elle mettait un petit bonnet noir, en laine ou coton (suivant la saison) avec des cabochons, attaché sous le menton est toujours son petit sac à main : un petit panier en osier noir, avec un couvercle, qui devait contenir, je suppose, un mouchoir, quelques fleurs de lavande et bien sûr sa bible.
Comme elle vivait seul, elle a beaucoup aidé à élever ses neveux, dont mon père, et elle les faisait dormir dans son unique pièce puisque son frère (mon grand-père) n'en avait qu'une aussi avec ma grand-mère.
Pour Noël, c'est chez elle qu’avait lieu la fête : ce jour-là elle mettait une nappe blanche et même si le repas était très frugal, il y avait toujours un couvert pour une arrivée éventuelle qui était invité qu'il soit mendiant ou préfet !
Pour Noël c'était le seul jour où c'était ma grand-mère qui lisait la Bible. Les autres jours c'était les hommes, donc mon grand-père.
Puis les quatre garçons : Charles, Paul, Léon, Samuel, sont tous partis à la guerre de 14. Mais quelle joie de les voir revenir tous quatre, 4 ans après !
Il faut aussi se souvenir que son grand-père était revenu de la guerre d'Afrique car il était soutien de famille du fait que son père venait de mourir (juin 1870), (il avait passé 12 ans sous les drapeaux).


Il faut ajouter à cela quelques précisions de ma grand-mère à ce précieux document que m'a très gentiment prêté Marcelle. La tante Louise lisait la bible sans lunettes, ce qui était particulièrement remarquable vu son âge avancé. C'est tout à fait exact qu'elle ne manquait pas un dimanche à l'église, elle partait de la maison des Hubacs, et passait par la route de la montagne pour rejoindre le village. Elle emmenait toujours son sac à main et sa chaufferette, que nous avons encore.

Elle a élevé avec ses belles-sœurs, ses neveux, dans la maison des Hubacs, dans laquelle vivaient Louise, Charles et Frédéric. Ils vivaient en totale autarcie : ils possédaient des poules, des cochons, des lapins ; cultivaient des fruits : pêches, figues, raisins, abricots, cerises, pommes, poires, noix... ; Et aussi des légumes : asperges, haricots, betteraves, navets, carottes, pommes de terre, poireaux...

Charles eut 7 enfants, dont 4 parvinrent à l'âge adulte, et Frédéric en eut 7 aussi, et 6 furent adultes. Soit 10 enfants pour cette deuxième génération. A la génération suivante, 15 enfants et 11 vécurent. La quatrième en compte 19 (dont un mort à quelques mois).

La tante Louise ne se maria pas. Elle préféra être la « mère » de ses neveux et de ses nièces. Une véritable matriarche dans la vie de ses frères, ses neveux, sa nièce, ses petits-neveux, ses petites-nièces. Elle connut même son arrière-petite-nièce, Andrée Magnan, née le 28 octobre 1934.

Elle marqua la vie de toute une famille dont les descendants parlent encore de la Tante Louise comme une femme exceptionnelle. Elle aimait ses neveux, Charles et Paul, et leur offrit une partie de l'héritage de ses parents : chacun reçut la moitié du champ appelé « le Gué », dans les Hubacs.

Le 24 décembre 1932 à Dieulefit, alors qu'il rentrait chez lui après avoir dîné chez sa petite-fille France, Frédéric Cavet, 79 ans, tomba dans la rivière, et mourut. Moins de deux ans plus tard c'est au tour de Charles, 87 ans, de mourir, le 4 novembre 1934 aux Hubacs. Et Louise, mourut, comme sa mère à 90 ans, un an après son frère, le 30 novembre 1935 à l'hôpital de Dieulefit, à 10 heures. C'est Charles Cavet, son neveu, l’épicier, qui déclare le décès 1h30 plus tard.