mardi 13 novembre 2018

K comme Serial Killer


Dimanche 22 septembre 1895, une journée ensoleillée, propice à la promenade. Fatale.

Aline vient tout juste d'avoir 16 ans. Comme toutes les jeunes filles de son âge, elle aide ses parents au travail de la terre, et les accompagne une fois par mois au marché pour vendre les dernières récoltes de l'été. Mais au moment de rentrer à la maison, cette fois-là, elle préfère rester au village.

Partez devant, je serai de retour à Félines avant la tombée de la nuit, c'est promis.

Elle doit avoir un coquin en tête. Manquerait plus qu'il nous l'enlève, avaient dû se dire Jean et Suzanne qui marchaient en direction de la ferme familiale, avec leurs autres enfants. Aline espère en réalité revoir le fils du cordonnier. Elle sait qu'elle lui a tapé dans l'oeil. Au bal des pompiers le mois dernier, Marcel l'a faite danser, et beaucoup rougir.

Mais point de Marcel aujourd'hui. Il est parti faire son service militaire. Aline est triste. Elle allait devoir l'attendre pendant quelques mois... voire des années. Elle prend donc le chemin du retour. A pied.

Pensive, l'adolescente amoureuse papillonne donc le long de la route entre Dieulefit et Bourdeaux. Elle marche d'un bon pas, tout en imaginant le quotidien de son Marcel. Il faut dire que ça grimpe ! Et quand on arrive chez Cordeil, le chemin est encore plus dur à gravir. Mais Aline n'a pas peur, elle connait la route depuis toujours. Combien de fois a-t-elle été voir ses cousins à Dieulefit ?

Régulièrement, elle croise marchands et voituriers qui lui proposent de la raccompagner. Elle refuse poliment, préférant marcher. Funeste erreur.

En début d'après-midi, elle tourne enfin au col du Pertuis. Il fait encore bien chaud et la jeune fille décide de faire une pause, le long de la route de Truinas. Sous un hêtre. Elle sort un cahier d'école. Commence à dessiner. Ecrit l'initiale de son promis. M. Rajoute la sienne. Un A.

Soudain, elle entend la voix d'un homme. Un peu plus âgé que Marcel. Et son dessein n'est pas des plus bienveillants. Le rustre soulève son jupon. Mais Aline ne se laisse pas faire, elle se débat. Une lutte s'engage alors, l'homme sort un couteau. Il est rapide et plante sa lame dans sa cuisse. La jeune fille hurle de douleur et l'homme lui tranche la gorge. Elle ne crie plus.

Aline Alaise est la sixième victime de Joseph Vacher, le tueur de bergers, surnommé également le Jack l'Eventreur du Sud-Est.







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